Les arguments contre le panachage
Quel que soit l'angle de vue, le système majoritaire plurinominal à deux tours avec panachage est un point faible de notre démocratie. Ce mode de scrutin :
- Ne panache pas les conseils municipaux
- C'est la réalité d'aujourd'hui : 90% des conseils municipaux ne sont pas panachés. L'idée que le panachage est une liberté pour les électeurs ressemble donc à un mensonge : certes ils ont plaisir à panacher les bulletins, mais en pratique, ça ne sert à rien. Suffit-il d'y croire ?
- Peut conduire à des situations ingérables
- Peut-on imaginer la gestion d'un conseil municipal issu de trois listes, aucune n'ayant la majorité ?
- N'est pas en cohérence avec les règles de parité
- Notre société fait de nombreux efforts pour la représentation de femmes, mais ce scrutin n'étant pas un scrutin de liste, il n'est pas possible d'y introduire des règles de parité.
- Donne une couleur conservatrice à nos campagnes
- Tout le monde le dit : la France rurale est conservatrice. Nous ne sommes pas d'accord : nous, les ruraux, ne sommes pas conservateurs, c'est notre représentation qui est conservatrice
- Rend les sénatoriales pour le moins obscures
- Comment justifier l'élection des grands électeurs par nos conseils municipaux, à bulletin secret, si les conseils municipaux ne sont pas panachés ? Qui va monter une liste contre sa propre tête de liste ?
- Aboutit à des opérations de dépouillement souvent longues et complexes.
- Ce n'est certes pas l'essentiel, mais pourquoi passer 4 heures à dépouiller là ou une seule serait suffisante ?
- Empêche les candidats de faire la promotion du système qui les désigne
- Quel candidat va dire à ses électeurs "Rayez des noms sur ma liste, et ajoutez des noms de la liste adverse, ça me fait plaisir parce que je suis démocrate et j'aime notre système électoral" ? Si ce n'est suicidaire ou schizophrène, c'est pour le moins un reniement de la cohérence de l'équipe dont il fait partie, non ?
- Se trompe de cible
- Le système du panachage est sans doute bon, comme au Luxembourg ou en Suisse, pour l'élection d'une assemblée délibérante à partir de circonscriptions électorales multiples. Mais pour l'élection du conseil municipal, il n'y a qu'une circonscription : la commune. Les idées des perdants n'ont alors aucune chance d'être défendues, ou ne serait-ce que débattues, au sein de l'assemblée élue.
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